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Re: nouveau venu à critiquer

Allez j'y vais de mon petit grain de sable...
Pour moi aussi, le gène du dessinateur n'existe pas, mais l'amour du dessin oui, et l'envie de progresser...
Combien de fois ai-je entendu : "tu dessines bien, j'aimerai bien dessiner comme toi...etc", mais pour moi ces réflexions font écho à la même que je me fais en voyant un guitariste : "Ah si je pouvais jouer comme lui !"
C'est oublier tout le travail fait pour y arriver !
Celui qui regarde pense qu'un jour "on" a pris un crayon et hop, un p'tit Mickey les doigts dans le nez !!!
Tout gamin je n'avais pas de prédisposition au dessin, par contre j'ai eu l'amour du dessin qui m'a fait persévérer...et foutre en l'air mes études !!! (d'autant plus que je ne suis même pas devenu dessinateur de p'tit mickey !! -mais ça, c'est une autre histoire-)
Et je persiste, tout au moins au début, le fait de recopier mes "maîtres" m'a énormément apporté, tout en étant certainement l'élément déclencheur; Après je te l'accorde Yves, sans les cours d'Archi, donc de dessin, et ma persévérance je ne dessinerais pas comme maintenant. ( heu, attention hein, je ne me prends pas pour un crack hein!, juste pour étayer le fait que pour moi, au départ on est tous égaux devant le dessin; Par contre nous avons eu l'amour du dessin qui nous a fait persévérer !)

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Re: nouveau venu à critiquer

Ce que j'ai observé, c'est que tout petits, les enfants sont "à égalité" en ce qui concerne l'aptitude à (se) dessiner ; mais très vite (autour des 3 ans), on note de grandes disparités dans la qualité des représentations : certains en restent (désespérément aux yeux des enseignants !) au stade du "bonhomme-têtard" (un corps rond contenant les yeux et surmontant deux bâtons) alors que d'autres produisent des dessins de plus en plus évolués...
La différence semble se justifier par l'acquisition et le développement chez les "bons" dessinateurs des compétences spécifiques à cet exercice : dessiner, à mon sens, c'est mettre en réseau toutes ces compétences (qu'on pourrait résumer par "intelligence", mais ce serait un peu lapidaire), qui se développent et qu'on peut renforcer au fil du temps par des connaissances...
Le frère et la sœur de Hermann ont développé, on peut l'imaginer, des "talents" différents du sien, dans des domaines où lui-même "ne connaît rien" (et qui sont sans doute beaucoup moins valorisants que le dessin).
Si lui a atteint ce niveau d'expertise dans celui du dessin, c'est en premier lieu parce que cela lui permettait de "se réaliser", comme on dit, et aussi parce qu'il avait les "armes" pour progresser encore et encore : la pugnacité, la curiosité, "l'intelligence" (celle du dessinateur, pas elle du footballeur, qui demande d'autres qualités !)...
Finalement, c'est peut-être ça, le "talent inné" : le "capital intelligence" dont on dispose au  départ (mais qui peut se développer ou s'atrophier, notez bien !).
Et encore reste-t-il à savoir ce que chacun en fera...

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Re: nouveau venu à critiquer

Alain a écrit:

Allez j'y vais de mon petit grain de sable...
Pour moi aussi, le gène du dessinateur n'existe pas, mais l'amour du dessin oui, et l'envie de progresser...
Combien de fois ai-je entendu : "tu dessines bien, j'aimerai bien dessiner comme toi...etc", mais pour moi ces réflexions font écho à la même que je me fais en voyant un guitariste : "Ah si je pouvais jouer comme lui !"
C'est oublier tout le travail fait pour y arriver !
Celui qui regarde pense qu'un jour "on" a pris un crayon et hop, un p'tit Mickey les doigts dans le nez !!!
Tout gamin je n'avais pas de prédisposition au dessin, par contre j'ai eu l'amour du dessin qui m'a fait persévérer...et foutre en l'air mes études !!! (d'autant plus que je ne suis même pas devenu dessinateur de p'tit mickey !! -mais ça, c'est une autre histoire-)
Et je persiste, tout au moins au début, le fait de recopier mes "maîtres" m'a énormément apporté, tout en étant certainement l'élément déclencheur; Après je te l'accorde Yves, sans les cours d'Archi, donc de dessin, et ma persévérance je ne dessinerais pas comme maintenant. ( heu, attention hein, je ne me prends pas pour un crack hein!, juste pour étayer le fait que pour moi, au départ on est tous égaux devant le dessin; Par contre nous avons eu l'amour du dessin qui nous a fait persévérer !)

Mouais, ce serait accepter que tout le monde, avec le même amour, la même passion pour le dessin et surtout la même charge de travail, puisse devenir Picasso, Rembrandt.. ou Giraud (je jette les noms comme ça au hasard, juste pour en donner, hein). Franchement, j'en doute. Rien que dans la BD, je ne crois pas Giraud soit celui qui ai le plus travaillé ses aptitudes pour être le meilleur. D'autres collègues ont la même passion, accompli la même quantité de travail, mais ne lui arrivent pas à la cheville. Pourquoi ? Parce qu'ils n'ont pas les mêmes capacités (génétiques, intellectuelles, cognitives ?) que lui au départ. D'où lui viennent-elles, impossible à dire, mais les faits sont là.

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Re: nouveau venu à critiquer

xav kord a écrit:

Ce que j'ai observé, c'est que tout petits, les enfants sont "à égalité" en ce qui concerne l'aptitude à (se) dessiner ; mais très vite (autour des 3 ans), on note de grandes disparités dans la qualité des représentations : certains en restent (désespérément aux yeux des enseignants !) au stade du "bonhomme-têtard" (un corps rond contenant les yeux et surmontant deux bâtons) alors que d'autres produisent des dessins de plus en plus évolués...

Faut aussi leur laisser le temps de se développer neurologiquement, à ces bambins, pour qu'ils soient capables de tenir un crayon et de coucher sur le papier ce qu'ils voient. Normal qu'avant trois ans on ne puisse déceler ce qu'on pourrait appeler un quelconque "talent". Il y a un minimum de développement à acquérir. Je ne crois pas non plus qu'Usain Bolt courrait déjà beaucoup plus vite que ses petits copains à cet âge-là.

xav kord a écrit:

La différence semble se justifier par l'acquisition et le développement chez les "bons" dessinateurs des compétences spécifiques à cet exercice : dessiner, à mon sens, c'est mettre en réseau toutes ces compétences (qu'on pourrait résumer par "intelligence", mais ce serait un peu lapidaire), qui se développent et qu'on peut renforcer au fil du temps par des connaissances...
Le frère et la sœur de Hermann ont développé, on peut l'imaginer, des "talents" différents du sien, dans des domaines où lui-même "ne connaît rien" (et qui sont sans doute beaucoup moins valorisants que le dessin).
Si lui a atteint ce niveau d'expertise dans celui du dessin, c'est en premier lieu parce que cela lui permettait de "se réaliser", comme on dit, et aussi parce qu'il avait les "armes" pour progresser encore et encore : la pugnacité, la curiosité, "l'intelligence" (celle du dessinateur, pas elle du footballeur, qui demande d'autres qualités !)...
Finalement, c'est peut-être ça, le "talent inné" : le "capital intelligence" dont on dispose au  départ (mais qui peut se développer ou s'atrophier, notez bien !).
Et encore reste-t-il à savoir ce que chacun en fera...

Tout cela est sans doute vrai. Un talent sans un environnement favorable n'éclora pas, on est d'accord : combien de petits Picasso dans le Tiers Monde n'ont pu se révéler pour cause de misère et d'impératifs immédiats de survie. Il faut donc que le sujet "talentueux" puisse être favorablement disposé à écouter ses propres envies, rêves, désirs pour un jour "prendre son envol". Mais tout ce que tu me dis décrit le long processus d'évolution et de révélation d'un talent, cela ne nous éclaire pas sur l'origine de ces prédispositions. D'où provient cette alchimie qui fera de ce petit bonhomme qui tient à peine son crayon un grand dessinateur ? Pourquoi précisément lui et pas un autre ? Il doit avoir quelque chose en plus qui lui a été donné à la naissance - ou qu'il a développé très tôt, mais alors qu'est-ce donc ? - qui l'emmènera au faite de sa discipline.

Ton point de vue cartésien se défend mais il ne permet pas de comprendre la raison pour laquelle un être va devenir meilleur que son prochain à passion et éducation égales (à peu de choses près). Si cela provient d'une alchimie génétique particulière, rendue possible par la qualité ou la spécificité des gènes du sujet, alors ne peut-on pas parler de "don" (sans connotation religieuse) ou de "talent" ?

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Re: nouveau venu à critiquer

Yves H a écrit:

Ton point de vue cartésien se défend mais il ne permet pas de comprendre la raison pour laquelle un être va devenir meilleur que son prochain à passion et éducation égales (à peu de choses près). Si cela provient d'une alchimie génétique particulière, rendue possible par la qualité ou la spécificité des gènes du sujet, alors ne peut-on pas parler de "don" (sans connotation religieuse) ou de "talent" ?

Oui, c'est en cela que je disais plus haut que nos points de vue ne divergent (toujours pas, Alain! smile) pas tant que ça, plutôt (comme souvent) une question de sens mis derrière les mots...

Mais, comme Alain, et beaucoup d'autres j'imagine, on m'a souvent dit que j'avais de la chance de savoir dessiner et, comme lui, ce genre de remarque avait tendance à m'agacer...

Moi, ma ligne directrice serait plutôt "On a la chance qu'on veut bien se donner"... C'était la pensée du soir, avec un clin d’œil de sympathie à l'endroit de nos gars désormais connu sous le sobriquet des "Déçus de Puteaux" !

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Re: nouveau venu à critiquer

xav kord a écrit:
Yves H a écrit:

Ton point de vue cartésien se défend mais il ne permet pas de comprendre la raison pour laquelle un être va devenir meilleur que son prochain à passion et éducation égales (à peu de choses près). Si cela provient d'une alchimie génétique particulière, rendue possible par la qualité ou la spécificité des gènes du sujet, alors ne peut-on pas parler de "don" (sans connotation religieuse) ou de "talent" ?

Oui, c'est en cela que je disais plus haut que nos points de vue ne divergent (toujours pas, Alain! smile) pas tant que ça, plutôt (comme souvent) une question de sens mis derrière les mots...

Mais, comme Alain, et beaucoup d'autres j'imagine, on m'a souvent dit que j'avais de la chance de savoir dessiner et, comme lui, ce genre de remarque avait tendance à m'agacer...

Moi, ma ligne directrice serait plutôt "On a la chance qu'on veut bien se donner"... C'était la pensée du soir, avec un clin d’œil de sympathie à l'endroit de nos gars désormais connu sous le sobriquet des "Déçus de Puteaux" !

Si tu veux. Mais dis-toi que sans prédisposition à la base, tu aurais pu forcer ta chance, ça n'aurait rien donné. Ou si peu. Sans travail, on n'obtient rien,  je suis bien d'accord. Mais pour que l'envie de travailler une aptitude naisse, pour que le goût, au dessin en l'occurrence (non, Alain), existe, il faut qu'il y ait "quelque chose" au départ. Que le but caressé soit possible et non hors d'atteinte. Et c'est là où je dis que ce "quelque chose" est inné. On l'a ou on l'a pas. On ne devient pas Picasso par le seul travail. Même si, sans travail, Picasso ne serait jamais devenu ce qu'il est. wink

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Re: nouveau venu à critiquer

J 'ai relu tous les messages, et, vous allez rire les gars, mais on dit tous la même chose en fait, Xav compris; a savoir que, quelque soit les mots que l 'on emploi, intelligence du dessin, don ou autre, nous ne sommes pas tous égaux dés la naissance avec un crayon entre les mains et une feuille blanche. Après, le travail que l 'on fera , ou pas, jouera un grand rôle dans l 'évolution de nos dessin, mais à la base, il y a bien autre chose